Les Avars d’Europe

« On a supposé d’après une relation faite par l’historien byzantin Theophylacte Simocatta qu’Avars serait le vrai nom des « Ruanruan », comme les appelaient les Chinois. Selon lui les Avars de la Russie méridionale (puis de Pannonie), seraient en réalité de faux Avars, des tribus autrefois soumises aux Avars (les Ruanruan) et qui auraient usurpé le nom de leurs maîtres en s’éloignant d’eux. En réalité ils pouvaient très bien se considérer comme de véritables Avars, du fait qu’ils ont servi fidèlement cette nation très puissante.  Leur peuple venu en tout cas d’Asie Centrale était composé de deux hordes, les War ou Avars et les Khouni (qui pourraient être des Huns Hephtalites qui auraient choisi de les accompagner dans leur migration).
En tout cas les Avars d’Europe ont dominé, dans les steppes de Russie, les derniers Huns, les Sabirs et les Hongrois (désignés sous le nom d’Hunnougour et qui sont également des Huns, contrairement aux Magyars). Les Avars sont signalés au nord du Caucase vers +555. Ils sont bientôt reconnus par l’empire byzantin comme les dominateurs de l’ancienne Scythie depuis le Caucase jusqu’au bas Danube en passant par l’Ukraine. Ils ont soumis au passage les Huns Koutrigours et Outrigours ainsi que les Bulgares. Plus au nord, ils vainquent également les Slaves (Venedi, Antes et Slovènes). Alliés aux Lombards, ils défont les Gépides en 567. Ceux-ci avaient dominé la coalition qui a chassé d’Europe leurs anciens maîtres, les Huns… puis ils avaient occupé une part de leurs territoires au nord du bas Danube et à l’Est de son tournant vers le nord (et Budapest).  Les Avars sont alors présents en Transylvanie. Le départ des Lombards vers l’Italie en 568  leur permet de s’installer en Pannonie, laissée sans défenseurs. Les Lombards étaient venus en Pannonie après son abandon par les Ostrogoths, qui furent les principaux alliés des Gépides dans la révolte contre les Huns.  En 571 les Avars finissent par occuper les derniers territoires des Gépides à proximité du Danube, au nord de Sirmium. C’est l’apogée de leur empire.
On suppose d’après l’onomastique que les Avars d’Europe parlaient une langue mongole alors que les Ruanruan seraient des Toungouses.
Des restes de leur nation ont peut-être donné naissance aux actuels Avars (ou Avats) du Caucase, mais dans ce cas ils auraient adopté là une langue caucasique locale. Néanmoins il s’agit peut-être d’une ressemblance fortuite entre ces noms ethniques. »


Ce texte est extrait de mon livre bientôt terminé « Les steppes eurasiatiques à la fin de l’Antiquité »

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