Les Caribes

Guerriers redoutables et redoutés, les Caribes vivaient en tribus plus nomades et beaucoup plus petites que celles des Arawaks, leurs ennemis héréditaires. Leur origine vénézuélienne en faisait des voisins de l’antique « culture saladoïde » des premiers Arawaks. Furent-ils déjà alors les assaillants de ces agriculteurs sédentaires en tant que nomades chasseurs-cueilleurs volontiers pillards ? Lors des premières rencontres avec les Européens, on a relevé qu’ils connaissaient le curare, le boucanage et le barbecue. Ils terrorisaient leurs ennemis de culture plus évoluée par leur anthropophagie. Le mot « cannibale » dérive d’une déformation de leur nom en « canib » par des Arawaks puis par les Espagnols. On nommait certaines de leurs tribus « Caraïbes » et leurs petites embarcations dominaient la mer de ce nom. Leur armement consistait surtout en arcs et massues en bois. Avant l’arrivée des Européens, ils ne possédaient pas de métallurgie mais la pointe de leurs flèches était empoisonnée. Ils étaient chasseurs, cueilleurs, pêcheurs et très peu horticulteurs contrairement à leurs adversaires arawaks et chibchas. Selon certains témoignages, les femmes parlaient chez eux une autre langue que celle des hommes et elles vivaient surtout en gynécée. Ce qui fait penser que la plupart étaient des prisonnières (arawaks surtout) et aussi que les Caribs étaient misogynes. Il semble pourtant que les Caribs de certaines îles des Petites Antilles aient adopté la langue du peuple qu’ils ont soumis, c’est-à-dire l’arawak. Mais ils ont presque entièrement disparu des îles des Caraïbes aujourd’hui. Néanmoins ils sont toujours présents dans plusieurs pays d’Amérique du Sud (souvent à proximité d’Arawaks encore existants ou disparus). Il reste quelques petits groupes caribes dispersés au Vénézuéla, au Panama, en Colombie, au Brésil, en Guyana, au Surinam, en Guyane française. Ils étaient particulièrement présents autrefois dans le bassin de l’Orénoque. Il ne restait plus qu’environ 40.000 locuteurs de la langue en 1982 pour l’ensemble de l’Amérique méridionale et beaucoup moins aujourd’hui. Le caribe est une langue agglutinante, donc les racines des mots sont invariables. Il utilise des postpositions (à la fin du mot) au lieu de prépositions. Des préfixes avant la racine du verbe sont utilisés pour les conjugaisons. La plus grande particularité est l’ordre « objet-verbe-sujet » dans la phrase courante. Mais ces parlers semblent avoir été peu étudiés jusqu’à présent, contrairement à l’arawak (qui appartient à une autre famille linguistique). Et ils sont menacés de disparition actuellement.

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