La Palisse est-il bien l’inventeur de la lapalissade ?

La Palisse est un nom célèbre. Il s’agit de « Jacques II de Chabannes dit Jacques de La Palice , seigneur de La Palisse (qui) est né en 1470 au Château de Montaigu-le-Blin dans le Bourbonnais et mort le 24 février 1525 à Pavie en Italie, lors de la bataille du même nom » (selon Wikipedia). Mais connaît-on vraiment ce personnage, militaire très célèbre en son temps ? Une chanson du 17ème siècle, créée par un universitaire, nous le présente plaisamment. Certains la font remonter au 16ème siècle. Il semblerait que La Palisse rappelait volontiers des évidences dans ses discours. A notre époque où les choses les plus évidentes semblent oubliées et où l’on croit très facilement aux pires absurdités ou mensonges, ça paraîtrait moins ridicule de rappeler certaines évidences. On affirme aujourd’hui que ces rumeurs posthumes au sujet de La Palisse ne sont pas fondées et que c’est à tort qu’on lui attribue un certain nombre de « lapalissades ». En tout cas elle rappellent bien son nom, qui semble par ailleurs assez oublié de nos jours. Voici donc le petit poème (adapté en français moderne) :

Monsieur de la Palisse

Messieurs, vous plaît-il d’ouïr
L’air du fameux La Palisse ?
Il pourra vous réjouir,
Pourvu qu’il vous divertisse.
La Palisse eut bien peu de biens
Pour soutenir sa naissance;
Mais il ne manqua de rien,
Tant qu’il fut dans l’abondance.

Bien instruit dès le berceau,
Jamais, tant il fut honnête,
Il ne mettait son chapeau
Qu’il ne se couvrit la tête.
Il était affable et doux,
De l’humeur de feu son père,
Et n’entrait guère en courroux,
Si ce n’est dans la colère.

Ses valets étaient soigneux
De le servir d’andouillettes
Et n’oubliaient pas les oeufs
Surtout dans les omelettes.
De l’inventeur du raisin
Il révérait la mémoire;
Et pour bien goûter le vin,
Jugeait qu’il fallait en boire.

Il disait que le nouveau
Avait pour lui plus d’amorce;
Et moins il y mettait d’eau
Plus il y trouvait de force.
Il consultait rarement
Hippocrate et sa doctrine
Et se purgeait seulement
Lorsqu’il prenait médecine.

Il aimait à prendre l’air
Quand la saison était bonne
Et n’attendait pas l’hiver
Pour vendanger en automne.
Il épousa, ce dit-on,
Une vertueuse dame;
S’il était resté garçon,
Il n’aurait pas eu de femme.

Il en fut toujours chéri;
Elle n’était pas jalouse;
Sitôt qu’il fut son mari,
Elle devint son épouse.
D’un air galant et badin,
Il courtisait sa Caliste,
Sans jamais être chagrin
Qu’au moment qu’il était triste.

Il brillait comme un soleil,
Sa chevelure était blonde;
Il n’eût pas eu son pareil,
S’il eût été seul au monde.
Il eut des talents divers;
Même on assure une chose :
Quand il écrivait des vers
Il n’écrivait pas en prose.

Il voyageait volontiers,
Courant par tout le royaume;
Quand il était à Poitiers,
Il n’était pas à Vendôme.
Il se plaisait en bateau,
Et soit en paix, soit en guerre,
Il allait toujours par eau,
Quand il n’allait pas par terre.

Il choisissait prudemment
De deux choses la meilleure;
Et répétait fréquemment
Ce qu’il disait à toute heure.
Il fut, à la vérité,
Un danseur assez vulgaire;
Mais il n’eût pas mal chanté,
S’il n’avait voulu se taire.

Regretté de ses soldats,
Il mourut digne d’envie;
Et le jour de son trépas
Fut le dernier de sa vie.
Il mourut le vendredi,
Le dernier jour de son âge;
S’il fût mort le samedi,
Il eût vécu davantage.

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