Un poème de Théophile Gautier

Je suis arrivé au début du 19è siècle dans la préparation de mon anthologie poétique perso.

Je vous propose un poème de Théophile Gautier (1811-1872) avec une photo Pixabay.

Chinoiserie

Ce n’est pas vous, non, madame, que j’aime,
Ni vous non plus, Juliette, ni vous,
Ophélia, ni Béatrix, ni même
Laura la blonde, avec ses grands yeux doux.

Celle que j’aime à présent est en Chine;
Elle demeure avec ses vieux parents,
Dans une tour de porcelaine fine,
Au fleuve Jaune, où sont les cormorans.

Elle a les yeux retroussés vers les tempes,
Un pied petit à tenir dans la main,
Le teint plus clair que le cuivre des lampes,
Les ongles longs et rouges de carmin.

Par son treillis elle passe sa tête,
Que l’hirondelle, en volant, vient toucher,
Et, chaque soir, aussi bien qu’un poète,
Chante le saule et la fleur du pêcher.

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