Un poème de Théodore de Banville (1823-1890)

La chanson de ma mie

L’eau, dans les grands lacs bleus

Endormie

Est le miroir des cieux :

Mais j’aime mieux les yeux

De ma mie.

Pour que l’ombre parfois

Nous sourie,

Un oiseau chante au bois :

Mais j’aime mieux la voix

De ma mie.

La rosée, à la fleur

Défleurie

Rend sa vive couleur :

Mais j’aime mieux un pleur

De ma mie.

Le temps vient tout briser.

On l’oublie.

Moi, pour le mépriser,

Je ne veux qu’un baiser

De ma mie.

La rose sur le lin

Meurt flétrie;

J’aime mieux pour coussin

Les lèvres et le sein

De ma mie.

On change tour à tour

De folie :

Moi, jusqu’au dernier jour,

Je m’en tiens à l’amour

De ma mie.

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