Un chant nahuatl qui célèbre le printemps

Certaines villes amérindiennes de l’Empire Aztèque au Mexique aimaient la poésie (en langue nahuatl), possédaient une école de poésie et organisaient des concours de poésie. Certains de leurs rois furent d’ailleurs des poètes. Des villes éprises de poésie, mais ce ne fut pas le cas de Mexico, la très militaire capitale des cruels Aztèques : il est peut-être bon de le préciser.

Voici un poème présenté au 16ème siècle à un concours organisé par le roi Tecayehuatzin… Traduit du nahuatl. Précision : Atecpanecatl (=le seigneur du palais des eaux) semble être un personnage légendaire toltèque, sorte de demi-dieu, de la fin du 10ème siècle.

Poème du concours de poètes chez le roi Tecayehuatzin (extrait des Cantares mexicanos, Poesia indigena)

O mes amis, je suis en quête de vous,
J’ai parcouru tous les champs de fleurs et c’est ici que vous êtes !
Place à la joie, maintenant, échangeons nos paroles :
Amis, voici enfin votre ami !
Vais-je me mettre entre les fleurs,
Moi, le plus pauvre et le plus humble ?
Auriez-vous invité ce misérable que je suis ?

Que suis-je, en effet ? Je vis avec mes ailes, je chante les fleurs,
Je compose des chants, des papillons de chant
Qui naissent de mon âme et dont mon coeur se réjouit !

Je suis venu à vous, je suis descendu sur terre à grands cercles et je me suis posé,
J’ai ouvert mes ailes au Lieu des Tambourins fleuris
Et mon chant est monté de la terre.

Et maintenant que me voici, je reprends mes fleurs :
Qu’elles fleurissent avec les chants qui retentissent !
Moi votre douloureux ami, j’attache mon urne précieuse avec des cordelettes dorées.

Moi votre misérable ami, je guette la venue des fleurs :
Je me suis fait une hutte de pétales brillants ;
De là je veille sur les champs, et c’est là mon plaisir.
Avec moi, réjouissez-vous !

Que je te comble de plaisir, ô noble Tecayehuatzin,
Ceint de colliers de fleurs ! Vivons-nous peut-être deux fois ?
Ton coeur le sait : nous sommes venus pour une seule vie !

J’ai atteint les branches des arbres fleuris,
Tel un colibri j’en aspire le parfum
Et mes lèvres suavement s’en délectent.

Nous invoquons Celui qui donne vie avec des fleurs :
Humiliés, nous t’honorons au Lieu des Tambourins fleuris,
Ô noble Atecpanecatl !

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